Le Modèle Social Européen peut-il se faire Label?
2 décembre 2011 - Mes dernières actualités , Presse
Voici ma tribune parue sur le site internet du Monde.fr le 2 décembre 2011. Pour accéder directement au site du Monde cliquez-ici: L’Europe est malade et tente de se soigner.
Toute forte pathologie, au pronostic vital engagé, doit entraîner un processus d’urgence, en ce sens le traitement financier et les mesures de gouvernance économique ont été un électrochoc nécessaire.
Mais pour être salutaire il faut s’assurer qu’il ne subsistera pas de séquelles et surveiller et explorer les autres organes vitaux.
Ne pas traiter l’Europe jusque dans ses syndromes sociaux et fiscaux, au risque de distorsions profondes, d’effets secondaires, serait de la mauvaise médecine. L’aspect silencieux et quasi métastatique des injustices sociales est l’équivalent d’une bombe à retardement. Pour la désamorcer, il faut prendre un pouls permanent et mettre sous scope tout éventuel départ de soubresaut social mais surtout faire de la prévention.
Le dumping social et fiscal, les inégalités de traitement des citoyens, les mesures drastiques et structurelles prises à leur encontre sont autant de dépôts dans les artères européennes qui irriguent le Marché Unique, entravant la libre circulation et une meilleure intégration.
Une solution pragmatique serait que l’UE repousse les limites de la subsidiarité, prenne dans son champ de compétences les moyens d’une convergence sociale et fiscale, à défaut d’harmonisation, ne serait ce que par groupes de pays aux PIB approchants (France-Allemagne par exemple).
Le modèle social européen pourrait s’inspirer de celui du nord de l’Europe, modèle social à impact économique positif.
Mais les esprits européens, non pas qu’ils soient mal perfusés, sont trop préoccupés par les premières défaillances financières, et ne s’attachent pas assez aux séquelles sociales possibles.
À défaut, ou en complément, la création d’un label social européen pourrait être une alternative thérapeutique, malheureusement à moyen ou long terme.
On pourrait imaginer que ce label soit, sur une base de volontariat, sollicité par des entreprises, si leur etude de marché est favorable, sur une échelle d’engagements croissants à respecter des critères sociaux variés. En parallèle, le citoyen européen, consommateur, devra être informé que le produit ou le service qu’il achète un peu plus cher, est un investissement à terme pour améliorer son modèle social.
La progression du nombre d’entreprises labellisées dans notre Marché Unique, devrait, à terme, interpeller les responsables politiques des états membres, et les inciter à légiférer vers le haut, dans leur pays.
Ce serait une convergence sociale progressive mais lente.
Label idée ….!!